Dans les coulisses de la haute couture
Chez Christian Dior, dans les salons de l’avenue Montaigne, on a pu prendre la mesure du virage amorcé par les grandes maisons, un recentrage sur leur identité et sur une couture qui, bien que sublimée, reste réaliste. Entre les robes d’amazones et les tailleurs Bar qui enserrent la taille, on est loin des shows prêts à être exposés dans un musée, fût-il de la mode. Les bijoux surdimensionnés qui ponctuaient le défilé Christian Dior ont été dessinés par Camille Miceli, transfuge de Louis Vuitton. Une libre inspiration des bijoux que portait Millicent Rogers, collectionneuse excentrique, dont l’esprit et le goût pour les mélanges de couleur ont flotté sur toute la collection. (Christian Dior)
Chez Chanel, pas une seule robe noire, ni un bouton doré. Mais des couleurs pastel qui semblaient sortir d’une boîte de dragées, ponctuées d’argent. Mais il fallait aller dans les salons,découvrir les pièces une à une, pour comprendre la complexité de chaque pièce et découvrir le savoir-faire des artisans d’art, brodeurs et plumassiers qui ont œuvré pour que les rêves de Karl Lagerfeld prennent vie. (Chanel)
Des feuilletés de mousselines fines comme des nuages... En backstage du défilé Chanel. (Sylvie Roche)
Le défilé signé Riccardo Tisci pour Givenchy, était une ode aux seventies, avec des filles maquillées comme les images de Guy Bourdin, et où on a senti l’hommage appuyé à Yves Saint Laurent dès les premiers passages: smoking noir et queue-de-pie blanche, portés sur un t-shirt brodé de plumes d’autruches et de nandou, en dégradé allant du blanc au khôl. (Sylvie Roche).
Alexis Mabille s’est inspiré du mouvement suprématiste pour un défilé graphique et déroutant avec des robes, des costumes moitié-moitié, bicolores où le noir s’entrechoque avec le fuchsia, le jaune citron, ou le bleu cobalt, plus prêt-à-porter que couture. (Sylvie Roche).
Inspiration impressionniste pour le défilé d’Elie Saab. Le couturier est revenu à ce qu’il sait faire le mieux: des robes fourreaux, des robes sirènes, de tulle ou bien taillées dans un tissu qui évoque les Nymphéas de Monet. Très jeune fille en fleur. (Sylvie Roche).
Christophe Josse s’est livré à un exercice de style autour du drapé, des couleurs tendres et légèrement atténuées comme un ciel nuageux (Sylvie Roche).
De magnifiques effets de manche, signés Stéphane Rolland. (Sylvie Roche)
Le jeune couturier libanais Rabih Kayrouz présentait son premier défilé de haute couture, après avoir séduit Paris lors de sa dernière présentation il y a six mois. Son luxe est intime, il est dans les effets, comme ici, cette robe de velours, dont le tissu a été brûlé et dont la trame, comme des cicatrices, a été retravaillée (2010 Maison Rabih Kayrouz)
Chez Franck Sorbier, seule la mariée n’était pas en noir. La collection était inspirée des héroïnes littéraires au destin pas simple. Ici, une Phèdre en long fourreau à traîne et voile en georgette de soie. La coiffe? Un assemblage d’éléments d’orfèvrerie (cuillères, etc.) conçue avec la maison Richard. (Piero Biason)
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