opinions mardi9 février 2010

Suisse-Allemagne: Et maintenant quoi, la guerre?

Regina Ogorek

Regina Ogorek, professeure de droit à Zurich, évoque les tensions entre les deux pays suite au récent vol de données fiscales. Et donne quelques pistes pour sortir d’une querelle superflue

L’empathie est l’art de se mettre à la place de quelqu’un d’autre. L’art d’essayer de comprendre ce qu’il ressent, non ce qu’on espère qu’il ressent. Si on se met à la place du ministre des Finances allemand – pars pro toto pour la politique allemande – il n’est pas difficile de s’imaginer qu’il n’apprécie pas la fraude fiscale. En fin de compte, il doit financer un Etat social dont les prestations profitent largement à 80 millions de citoyens (et pas seulement les bénéficiaires de l’aide sociale). Son aversion pour les fraudeurs du fisc (peu importe leur nom, ce qui compte, c’est le «trou dans les caisses» qu’ils provoquent) est donc compréhensible; comme est compréhensible que son aversion englobe tout ce qui soutient, voire permet la fraude fiscale.

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