Le cheminement de la pensée scientifique
1666. Sommé de faire une démonstration « stimulante », Robert Hooke, mieux connu pour sa loi sur la déformation élastique des solides, ouvre le thorax d’un chien devant ses confrères de la Royal Society et le maintient en vie pendant des heures au moyen de soufflets reliés à ses poumons.
(Wellcome Library, London)
1705. Essai de transfusion de sang d’un mouton à un homme. L’expérimentateur convainc un individu «au cerveau un peu embrouillé» de participer à l’expérience, pour la somme de 20 shillings. Étonnamment, il survit. Dix ans après, la pratique est interdite par le parlement anglais.
(Wellcome Library, London)
1752. Benjamin Franklin, un des pères fondateur des États-Unis s’applique à démontrer que la foudre n’est pas un phénomène surnaturel mais une décharge électrique, en faisant voler un cerf-volant muni de pointes métalliques à travers l’orage. L’expérience fonctionne et, miraculeusement, le téméraire physicien en ressort indemne. Trop content de clouer le bec à la Royal Society qui ne le prenait pas au sérieux, il lui envoie une lettre où il détaille la marche à suivre, « si simple que tout le monde peut essayer ». A ses risques et périls...
(The Royal Society)
1776. Lors des longues expéditions maritimes du 18e siècle, jusqu’à deux tiers des équipages mourraient du scorbut. Le capitaine James Cook, grand explorateur du Pacifique, décrit dans une lettre à la Royal Society, comment il a réussi, lors de son second voyage, à ne pas perdre un seul homme, en enrichissant leur régime de malt, d’orge, de choucroute, d’oranges et de citrons.
(The Royal Society)
1800. Alessandro Volta met au point la première pile, dont il fait ci-dessus une démonstration à Napoléon. C’est en son honneur que les différences de potentiel se mesurent en volts. L’anglais n’étant pas encore devenue la langue hégémonique de la littérature scientifique, la lettre que le physicien italien envoie à la Royal Society pour décrire son expérience est rédigée en français.
(J-L Charmet/Science Photo Library)
1850. Pourquoi passer une perceuse à travers du métal le rend-elle brûlant? C’est la question que se pose James Joules, qui, en réalisant que la chaleur n’est qu’une forme de mouvement (des atomes) pose les bases de la thermodynamique. Ici, un appareil qu’il utilisait pour chauffer l’eau par friction.
(Science Museum/SSPL)
1913. Expédition sur les hauteurs de Pikes Peak, au Colorado, pour observer les effets de l’altitude sur l’être humain. Les chercheurs remarquent entre autre l’augmentation des globules rouges dans le sang après quelques jours. Ci-dessus, un dispositif pour mesurer les échanges respiratoires pendant la marche.
(The Royal Society)
1940. La pénicilline a déjà été découverte en 1928 par Alexander Fleming, mais celui-ci n’est pas parvenu à la purifier assez pour qu’elle puisse être utilisée à large échelle. Au début de la seconde guerre mondiale, une équipe de l’Université d’Oxford entreprend d’améliorer le traitement pour soigner les combattants blessés, avec des résultats rapides et spectaculaires. Ci-dessus, un extrait d’une bande dessinée datant de 1944.
(The Royal Society)
1954. Après un premier papier sur la structure en double hélice de l’ADN publié en 1953 dans Nature, Watson et Crick en sortent un deuxième plus étoffé afin de mieux faire comprendre leur découverte tellement innovante qu’elle mettra du temps à être acceptée.
(The Royal Society)
2008. Mettre des parasols dans l’espace, fertiliser les océans avec du fer pour qu’il capturent plus de carbone, sprayer de l’eau dans l’atmosphère, l’environnementaliste James Lovelock passe en revue et évalue les différentes méthodes de géoingénierie proposée pour lutter contre le réchauffement climatique.
(J. Macneil 2006)
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