Anne Valérie Hash explore la mémoire et l’identité
Le mannequin Irina Lazareanu en backstage avec ce qui reste de la robe qu’elle avait confiée à Anne Valérie Hash: un chapeau, créé par la maison Michel, à Paris. «La robe était usée. Ils ont même gardé les trous…», confie la styliste.
(Sylvie Roche)
Le pyjama rayé d’Albert Elbaz, le directeur artistique de la maison Lanvin, est devenu une combinaison smoking à paillettes. «On a tout repassé à plat, tout démonté, découpé, et remonté. Du pyjama, ne reste que le tissu: le col n’était pas le même, rien n’est pareil. On a aussi utilisé le tissu pour la doublure du pantalon de la combinaison», souligne Anne Valérie Hash.
(Dan Lecca)
«Je voulais un aspect déchiré et que tout à coup, Jean-Paul Gaultier soit là», confie la styliste. Même cachée sous du tulle, même en touche infime, on reconnaît la marinière de JPG.
(Sylvie Roche)
«Peter Doherty nous a donné une veste d’officier qu’il a portée pour les concerts des Baby Shambles. J’ai ôté les brandebourgs et je les ai appliqués sur un t-shirt. On voit encore les traces des coutures sur les pans de la veste. Peter, c’est un rocker, je voulais qu’il arrive sur scène avec une redingote», détaille Anne Valérie Hash. Un look tellement cool, qu’il pourrait porter tel quel lors d’un prochain concert…
(Sylvie Roche)
La silhouette de Diane Pernet est une composante irréductible de la mode parisienne. Cette ancienne styliste qui tient le blog A shaded view on fashion est reconnaissable à la longue mantille noire qu’elle porte tout le temps, y compris aux défilés. «En nous envoyant un de ses voiles, elle nous a confié qu’elle portait le deuil d’un amour… Cela nous a émus. On l’a transformé en capuche», souligne Anne Valérie Hash.
(Dan Lecca)
«Daphné Guiness m’a donné une veste Chanel rose et noire. On en retrouve des parties aux emmanchures. Une des choses les plus difficiles, confie la styliste, fut de dessiner une silhouette qui puisse réunir toutes ces pièces, un style qui fasse le lien, tout en incorporant une partie de la personnalité de chaque célébrité».
(Sylvie Roche)
Ce qui ressemble à des broderies noires appliquées sur un t-shirt blanc sont en réalité des morceaux d’une basket Nike confiée par l’artiste Robin Rhode. «Ce fut la pièce la plus difficile. J’avais pensé en faire un chapeau, mais c’était trop connoté Schiaparelli», confie Anne Valérie Hash.
(Dan Lecca)
«Bettina Reims nous a confié la robe de ses 20 ans offerte par Azzedine Alaïa. Elle nous a dit qu’il l’a aidée à être belle. Elle est devenue une autre». Sa robe est devenue une paire de bottes fabriquée dans les ateliers parisiens Massaro. «Le plus difficile, confie la styliste, c’était d’éviter le premier degré.»
(Dan Lecca)
Ce qu’il reste de la robe confiée par l’artiste Iris Van Dongen? Le motif qui coule de l’épaule droite de cette robe combinaison, cachée dévoilée sous un organza fabriqué par la maison suisse Jakob Schlaepfer. «Le tissu le plus fin du monde! Je voulais rendre la personnalité d’Iris Van Dongen: elle est à la fois très sombre, et très lumineuse. Son travail est traversé de fulgurances de couleurs.»
(Sylvie Roche)
«Charlotte Rampling nous a confié un spencer de ses 20 ans. On s’est demandé: qui est Charlotte Rampling? Qu’est-ce que ses personnages nous disent d’elle? On a pensé à Portier de Nuit. A elle qui se dévoile, nue. On s’est nourri de l’image que ces célébrités renvoyaient d’elles». Son spencer est devenu une veste d’organza fin comme un nuage qui dévoile plus qu’il ne cache.
(Dan Lecca)
Tilda Swinton fut l’une des premières à confier un vêtement à Anne Valérie Hash. Elle a donné un t-shirt jaune et punk beaucoup porté, signé Vivienne Westwood. «Je voulais à la fois retrouver le t-shirt, et l’élégance pure et nette de Tilda Swinton», confie la styliste. Elle lui a taillé un smoking, qu’on enfile par la tête, où l’on voit le t-shirt en transparence sous un voile d’organza noir. Prêt pour une deuxième vie…
(Sylvie Roche)
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